Quand c'est un proche qui a peur des tunnels
Accompagner quelqu'un qui redoute les tunnels est déroutant, parce que la peur ne répond pas aux arguments. Vous pouvez démontrer que le tunnel est sûr, ventilé, surveillé : cela ne change rien. Voici ce qui, en revanche, change beaucoup de choses.
Les phrases qui aggravent
« Il n'y a aucune raison d'avoir peur. » C'est vrai, et c'est inutile. La personne le sait déjà — c'est même la définition d'une phobie : une peur que l'on reconnaît soi-même comme disproportionnée. Le lui rappeler n'apaise pas, cela ajoute de la honte à la peur.
« Ça va aller, ce n'est que deux kilomètres. » Minimiser la durée fait porter l'attention exactement là où elle ne devrait pas être. Ce n'est pas une question de longueur, c'est une question d'échappatoire.
« Tu ne vas pas nous faire faire deux heures de détour. » Compréhensible quand on est fatigué. Mais c'est la phrase qui pousse à se taire la fois suivante, et à subir la traversée en silence.
Ce qui aide réellement
Reconnaître sans discuter. « Je vois que c'est difficile, on va s'organiser autrement » suffit. La personne n'attend pas d'être convaincue, elle attend d'être crue.
Rendre le trajet prévisible. L'essentiel de l'anxiété se joue avant, dans l'incertitude : y aura-t-il un tunnel, où, quand. Préparer l'itinéraire ensemble, à l'avance, et pouvoir dire « il n'y en a aucun sur cette route » désamorce la majeure partie de la tension.
Laisser le contrôle. Qui conduit, quand on s'arrête, quelle route on prend. Le sentiment de perte de contrôle est au cœur du problème ; tout ce qui en rend un peu change la situation.
Parler pendant la traversée, si elle a lieu. De n'importe quoi. Une voix familière occupe l'attention bien mieux qu'un effort de volonté.
Avec un enfant
Les enfants lisent l'état des adultes avant de lire la situation. Un adulte tendu qui répète « n'aie pas peur » transmet exactement l'inverse de ce qu'il dit. Nommer simplement ce qui va se passer — on va entrer dans un tunnel, il va faire plus sombre, ça va durer tant de temps, on ressort après —, garder une voix ordinaire, et ne pas dramatiser après coup, suffit dans la plupart des cas.
Si la peur persiste, s'aggrave ou s'étend à d'autres situations, un avis auprès du médecin ou d'un psychologue de l'enfant est la bonne démarche : c'est bien plus simple à traiter tôt.
La chose la plus utile que vous puissiez faire
Préparer la route à sa place, sans en faire un sujet. Arriver avec un itinéraire dont vous savez — et pouvez montrer — qu'il ne passe par aucun tunnel vaut mieux que tous les encouragements.
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