Combien de tunnels y a-t-il en France ?
La moitié des tunnels routiers français font moins de 100 mètres. Huit sur dix font moins de 300 mètres. Ce n'est pas ce à quoi on pense d'abord — le Fréjus, le Mont-Blanc — mais c'est ce que dit le registre officiel du CETU sur l'ensemble des 1 038 tunnels recensés en France métropolitaine. Voici le détail, chiffre par chiffre.
Ce que "tunnel" recouvre : surtout des passages courts
Quelqu'un qui redoute les tunnels imagine en général un long tube de montagne. La répartition réelle des longueurs dit autre chose : la majorité écrasante des ouvrages recensés sont des passages couverts de quelques secondes, pas des traversées de plusieurs minutes.
| Longueur | Nombre | Part |
|---|---|---|
| Moins de 100 m | 533 | 51 % |
| 100 à 300 m | 301 | 29 % |
| 300 m à 1 km | 146 | 14 % |
| 1 à 3 km | 44 | 4 % |
| 3 km et plus | 14 | 1 % |
Concrètement : à 50 km/h, la médiane de 95 m se parcourt en environ sept secondes.
Les ouvrages de plus de 3 km — la catégorie qui correspond à l'image qu'on s'en fait — représentent 14 tunnels sur 1 038, soit un peu plus d'un pour cent du registre. Le Fréjus et le Mont-Blanc en font partie ; ce sont des exceptions, pas la norme. Le détail des grands tunnels alpins et des cols qui les contournent fait l'objet d'une page à part.
Le chiffre attendu : 1 038 tunnels, 291 km cumulés
Le registre officiel du CETU — Centre d'études des tunnels, service technique du ministère chargé des Transports — recense 1 038 tunnels routiers en France métropolitaine. Mis bout à bout, ils représentent 291 km de route couverte. La longueur moyenne est de 280 m ; la médiane, on l'a vu, est de 95 m — l'écart entre les deux confirme que quelques ouvrages très longs tirent la moyenne vers le haut sans représenter le tunnel type.
Où ils sont : une France très inégale
Sur les 96 départements de métropole, 75 comptent au moins un tunnel — 21 n'en ont aucun. Et parmi les 75, la concentration est loin d'être uniforme :
| Département | Tunnels | Part du registre |
|---|---|---|
| Alpes-Maritimes (06) | 166 | 16 % |
| Paris (75) | 86 | 8 % |
| Hauts-de-Seine (92) | 63 | 6 % |
| Isère (38) | 51 | 5 % |
| Savoie (73) | 49 | 5 % |
| Drôme (26) | 48 | 5 % |
Un seul département, les Alpes-Maritimes, concentre 16 % du registre national — presque deux fois plus que Paris, deuxième du classement. Paris et sa petite couronne forment le second foyer, pour des raisons différentes : relief plat, mais tissu urbain dense percé d'ouvrages routiers et de trémies.
Qui les gère : rarement l'État
Autre chiffre qui contredit l'intuition : on imagine volontiers le tunnel comme un ouvrage d'autoroute. Dans les faits, 136 tunnels seulement — 13 % du total — appartiennent au réseau routier national. Les 902 autres, soit 87 %, sont départementaux, communaux ou métropolitains : ce sont, très majoritairement, des ouvrages de routes ordinaires.
| Gestionnaire | Tunnels gérés |
|---|---|
| Conseil départemental des Alpes-Maritimes | 91 |
| Ville de Paris | 85 |
| DIR Île-de-France | 55 |
| Métropole Nice Côte d'Azur | 50 |
| Conseil départemental de la Drôme | 45 |
| Conseil départemental de l'Isère | 43 |
Les plus longs, nommés
À l'autre bout de la distribution, les six tunnels les plus longs du registre :
| Tunnel | Département | Longueur |
|---|---|---|
| Duplex A86 | Hauts-de-Seine (92) | 10 100 m |
| Mont-Blanc | Haute-Savoie (74) | 7 640 m |
| Maurice-Lemaire | Vosges (88) | 6 950 m |
| Fréjus | Savoie (73) | 6 580 m |
| Puymorens | Pyrénées-Orientales (66) | 4 920 m |
| La Défense | Hauts-de-Seine (92) | 4 150 m |
Le plus long de tous n'est pas alpin : le Duplex A86 (10 100 m) passe sous la banlieue ouest de Paris, dans les Hauts-de-Seine. La Défense (4 150 m), sixième du classement, est dans le même département. Deux des six tunnels les plus longs de France sont donc urbains, pas montagnards — le même type de chiffre contre-intuitif que celui qui ouvre cette page. Les quatre autres occupent les places attendues, cohérent avec la barrière alpine qu'ils franchissent.
Ce que dit le registre, ce qu'il ne dit pas
Ces chiffres viennent du registre du CETU, croisé avec OpenStreetMap — la méthode est détaillée ici. Un point mérite d'être dit franchement plutôt que tu ne le découvres ailleurs : le champ "degré de surveillance" n'est renseigné que pour 25 % des tunnels du registre. Les trois autres quarts sont classés "non renseigné" — cela signifie que le CETU n'a pas transmis cette information, pas que ces tunnels échappent à toute surveillance. Le champ est muet, il n'est pas négatif : même doctrine que pour les mentions ventilé et éclairé ailleurs sur ce site, une absence de donnée n'affirme jamais un fait par défaut.